retraites

Lundi 10 décembre 2007

Voilà, les négociations ont débuté, et déjà le syndicat Sud a été exclu de celles concernant la SNCF. Une grève pour la forme se prépare, mais les cheminots et autres gaziers savent déjà qu’ils ont perdu. Y a-t-il quelque chose à ajouter ?

 

Aujourd’hui, personne ne remet en cause le discours des pseudo-experts économiques tels Jacques Marseille, si présents sur les plateaux télés. Pour eux, la solution au problème du financement des retraites passe par une hausse des cotisations pour tous, et les régimes spéciaux, honte de la France (celle de De Gaulle), devaient disparaître (même si leur suppression ne fera rien gagner au problème du financement). Bref, la situation est catastrophique, et ils nous préparent déjà à des solutions radicales.

 

Pourtant, c’est un véritable choix de société qui nous est présenté aujourd’hui. En effet, malgré le matraquage médiatique et gouvernemental (allant de paire, tient tient !) appelant à encore plus de sacrifices des plus pauvres, il faut bien voire que d’autres choix sont possibles. Certains parlent de taxer les transactions boursières, d’autres de taxer le capital des Grandes entreprises comme TOTAL chiffrant un bénéfice de plusieurs dizaine de milliards d’euros(12 milliards pour 2006)… En claire, il faut une plus juste distribution des richesses.

 

Une richesse qui va aux mains des mêmes, les plus riches, et ce depuis trop longtemps. Les chiffres le montrent de plus en plus, les inégalités sont de plus en plus en forte. Les écarts entre les plus riches et les plus pauvres se creusent.  3,7 millions de pauvres en France, 3,5 millions sont allocataires de minimas sociaux, mais 6 millions au total en vivent !! les pauvres ne peuvent plus se soigner !! (Sources pour tous ces chiffres sur la pauvreté : site de l’observatoire des inégalités)

 

Aujourd’hui, les gens ont peur, peur de tomber dans la misère et l’indigence. La pauvreté frappe à la porte de chacun d’entre nous. Il est temps que la peur change de camp. Jusqu’à quand allons-nous attendre la misère les bras croisés ?

Par pinelli
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Mercredi 21 novembre 2007
Voilà, les négociations ont débuté. Le gouvernement annonce ce soir un calendrier s’échelonnant sur un mois. Tous les syndicats, ou presque, sont rentrés dans le rang. Ça fait 9 jours ce soir que ces travailleurs perdent leur salaire pour préserver ce qui était inscrit sur leur contrat de travail : 37,5 années de cotisation. Cet acquis social, ils l’auront défendu becs et ongles, envers et contre tous : des usagers chauffés à blanc par des médias multipliant les témoignages des « bons travailleurs qui font marcher la France », un gouvernement les faisant passer pour des privilégiés, la répression policière qui confirme se réputation de gardienne des puissants…
Certains pourtant n’abdiquent pas, certains pour qui négociation n’est pas synonyme de victoire, certains pour qui il faut se battre jusqu’au bout, pour ne pas avoir fait tout se chemin ensemble pour rien. Vous le devinerez à mon ton, ce soir je suis pessimiste. Je pense que les « grands » syndicats vont appeler à arrêter la grève. C’est en ça que le gouvernement et la direction de la SNCF sont malins. En mettant sur pied un calendrier sur le long terme, ils se doutent que les grévistes n’auront pas les moyens de maintenir la pression jusqu’au terme des négociations. La servitude volontaire chère à La Boétie fait des ravages…
Et si les AG étaient toujours aussi nombreuses, unies, solidaires, et déterminées ? Et si la pédagogie de la lutte faisait enfin son effet ? Et si les usagers de la SNCF et de la RATP commençaient à se retourner contre le gouvernement ? Et si les lycéens rejoignaient les étudiants pour refaire le coup du CPE ? Et si tous les SDF prenaient conscience de leur nombre et dressaient des barricades pour un droit au logement ? ET si….
Bon, j’arrête… ce soir le rêve laisse sa place à la colère…
 
« Il vaut mieux rêver sa vie que la vivre, encore que la vivre, ce soit encore la rêver. » Proust.
 
Voilà, les négociations ont débuté. Le gouvernement annonce ce soir un calendrier s’échelonnant sur un mois. Tous les syndicats, ou presque, sont rentrés dans le rang. Ça fait 9 jours ce soir que ces travailleurs perdent leur salaire pour préserver ce qui était inscrit sur leur contrat de travail : 37,5 années de cotisation. Cet acquis social, ils l’auront défendu becs et ongles, envers et contre tous : des usagers chauffés à blanc par des médias multipliant les témoignages des « bons travailleurs qui font marcher la France », un gouvernement les faisant passer pour des privilégiés, la répression policière qui confirme se réputation de gardienne des puissants…
Certains pourtant n’abdiquent pas, certains pour qui négociation n’est pas synonyme de victoire, certains pour qui il faut se battre jusqu’au bout, pour ne pas avoir fait tout se chemin ensemble pour rien. Vous le devinerez à mon ton, ce soir je suis pessimiste. Je pense que les « grands » syndicats vont appeler à arrêter la grève. C’est en ça que le gouvernement et la direction de la SNCF sont malins. En mettant sur pied un calendrier sur le long terme, ils se doutent que les grévistes n’auront pas les moyens de maintenir la pression jusqu’au terme des négociations. La servitude volontaire chère à La Boétie fait des ravages…
Et si les AG étaient toujours aussi nombreuses, unies, solidaires, et déterminées ? Et si la pédagogie de la lutte faisait enfin son effet ? Et si les usagers de la SNCF et de la RATP commençaient à se retourner contre le gouvernement ? Et si les lycéens rejoignaient les étudiants pour refaire le coup du CPE ? Et si tous les SDF prenaient conscience de leur nombre et dressaient des barricades pour un droit au logement ? ET si….

Bon, j’arrête… ce soir le rêve laisse sa place à la colère…
 
« Il vaut mieux rêver sa vie que la vivre, encore que la vivre, ce soit encore la rêver. » Proust.
 
 
 
Par pinelli
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Mardi 20 novembre 2007

Parce que parfois les chiffres parlent mieux que des mots...

Revenu moyen d’un patron du CAC 40 : 3 800 000 euros/an.

Hausse des salaires des PDG : jusqu’à 59 %.

Les 60 patrons actionnaires les mieux lotis ont empoché en moyenne en
2006 : 30 000 000 d’euros de dividende chacun.

Hausse du salaire du Président de la République : 206 % cette année.

Hausse des salaires des ministres : 70 % en 2002.

Chômage des députés : 5 ans à 5400 euros/mois.

50 % des salariés gagnent moins de 18 000 euros/an.

15 % des salariés gagnent moins de 12 000 euros/an.

50 % des retraités gagnent moins de 15 000 euros/an.

Allocation moyenne des chômeurs : 800 euros/mois.

Cette année, hausse des prix des céréales (+ 95 %), du lait (+ 20 %),
du
beurre (+40 %), du pain (+ 8 %) entre autres.

38% de hausse pour les prix de l’essence depuis 2004.

37,7 % de hausses des loyers depuis 1998.

Trois personnes minimum meurent par jour à cause du travail en France
(accidents du travail et suicide)

100 000 000 000 d’euros de bénéfice en 2006 pour les entreprises du CAC
40.

17 % de hausse pour les cours de la bourse en 2006.

On a ainsi trouvé 600
millions d’euros à la fédération de la métallurgie du MEDEF (UIMM).

voilà, pas besoin de commentaires... on voit bien qui sont les privilégiés!

Par pinelli
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Lundi 19 novembre 2007
Retraites : à bas les régimes spéciaux !!
Audiard, dans son film les Barbouzes, fait dire cela à un des acteurs : « la retraite, faut la prendre jeune ; faut surtout la prendre vivant. C’est pas dans les moyens de tout le monde ».
En effet, la question des retraites fait partie de la question de la vie : quelle est la vie que nous voulons ? Quelle est celle que nous vivons ? Quel choix de vie pour nos enfants, ainsi de suite… la vie connaît plusieurs phases : la première concerne l’éducation : nous naissons, et nous nous construisons en tant qu’être pendant on va dire une bonne vingtaine d’année. On se forge alors une identité, une culture, une famille… je ferais commencer la deuxième phase lors de l’entrée dans la vie active : là nous commençons à exercer un métier, un travail, et ce pour des dizaines d’années. Enfin, la dernière phase de la vie intervient à la retraite : les fruits de nos dures années de labeurs peuvent être enfin cueillis. Nous profitons de notre temps libre pour nous-mêmes, prenons le temps de vivre, sans contraintes majeures.
Les retraites, justement, en quoi consistent t elles ? Si l’on prend un dico d’économie lambda, nous y trouvons cette définition : « les retraite sont des prestations sociales versées à des individus, à partir d’un âge donné, le plus souvent sous la condition d’arrêt de leur activité professionnelle ». Nous apprenons aussi que le montant de la retraite versée est lié au niveau des cotisations versées pendant la période d’activité.
Voilà pour les bases. En résumé, le retraité touche une pension pour laquelle il aura « mis de coté » (cotisé) pendant qu’il travaillait, en prenant un peu tous les mois sur son salaire, cela ajouté aux cotisations patronales.  Il faut aujourd’hui cotiser pendant 40 ans pour pouvoir partir en retraite. Bref, c’est assez compliqué. nous n’irons pas plus loin ici, car mon propos n’est pas de faire une page sur le système des retraites, avec tous ses tenants et aboutissants…
Ce qu’il faut savoir, c’est que la caisse de financement de ces retraites est en grand déficit, pour plusieurs raisons, dont la plus importante est l’allongement de la durée de vie. C'est-à-dire qu’il y a de moins en moins d’actifs pour payer les retraites des retraités actuels, et donc, de par cet allongement de la durée de la vie, des retraités futurs. Le financement est de fait le problème central ; mais aussi un enjeu politique.
Un enjeu politique, car c’est le gouvernement qui décide de la manière de financer ces retraites. Par exemple, le gouvernement de la législature Chirac avait décidé de mettre en place en France le système qui fonctionne dans les pays anglo-saxons, à savoir la retraite par capitalisation : ce système permet à ceux qui en ont les moyens de mettre de l’argent de coté sur un compte en banque et de le faire fructifier jusqu’à leur départ en retraite. Il se fait indépendamment du système de cotisations précédemment décrit. On devine à qui ce système profite et en quoi il est profondément inégalitaire.
Venons en maintenant aux régimes spéciaux. Ces régimes permettent à ceux qui en bénéficient de partir en retraite au bout de 37,5 années d’activités. Il s’agit des entreprises publiques accusées dans les médias et par les citoyens mal informés d’être des « privilégiés » (bouhh les méchants...) : EDF, la SNCF, la RATP…
Mais adoptons ici une attitude critique et passons outre la tentative de certains (mais qui ?...) de dresser des hommes – et des femmes – contre d’autres… Quelques chiffres sont tout d’abord nécessaires : les régimes spéciaux coutent à l’Etat environ 5 milliards d’euros par an. Ces mêmes entreprises publiques rapportent à peu près la même somme (sources : Bernard Maris, professeur d’économie à Paris VIII). Les cotisations des cheminots : 1,8 Milliard d’euros. (Allègement de la part de l’Etat des charges aux entreprises : 25 milliards d’euros par an.) Le coût des régimes spéciaux est négligeable. Il représente 6 % des dépenses de retraites, c’est-à-dire 0,7 point de PIB, aujourd’hui comme à long terme, et moins de 500 000 cotisants pour plus d’un million de retraités.
Prenons maintenant l’exemple précis des cheminots, qui semble le plus enclin aux polémiques : Il est ouvert à 50 ans pour les seuls conducteurs de locomotives (environ 11 % des agents
SNCF) et à 55 ans pour tous les autres agents. Pour bénéficier d'une pension normale, il
faut compter au moins 25 ans de services. Contrairement au régime général, les services
avant 18 ans et le temps d'apprentissage ne sont pas pris en compte, les années d’études
ne peuvent pas être rachetées. Il n’existe pas non plus, contrairement au régime général
et au régime des fonctionnaires, de majoration de durée d’assurance pour enfants ou pour
enfant handicapé. Les périodes de chômage ne sont pas validées. Toutes les périodes
prises en compte dans les services valables pour la retraite sont donc des périodes
cotisées, contrairement à d’autres régimes (source : tract explicatif des alternatifs). Ils partent donc à la retraire en moyenne à 55, 1 mois. Cela peut paraître tôt, si l’on ne prend pas la peine de le comparer avec l’âge de cessation d'activité des salariés en France : 57,5 ans environ qui ne coïncide plus avec l'âge de la liquidation de la pension du fait du chômage, des préretraites1, etc. L'écart n'est donc pas aussi important qu'il n'y paraît. En effet, le chômage frappe durement les personnes après 50 ans.
C’est donc à la lumière de ces chiffres que l’on peut se rendre compte du caractère éminemment politique de la réforme consistant en la remise en cause de ces régimes spéciaux.
En effet, la communication du gouvernement est basée sur l’équité, l’égalité entre tous érigée en principe. Mais pourquoi une égalité vers le bas ? Pourquoi pas 37,5 pour tous ? Ne serait ce pas la véritable égalité ? L’argument financier ne tient pas, au regard des 25 milliards de cadeaux aux entreprises citées précédemment, et aux 15 milliards du bouclier fiscal offerts aux plus riches, entre autres. La France est un pays riche, ne pouvons nous pas mieux répartir les bénéfices de l’Etat ? Certains pays ont devancé le problème du financement en mettant de coté depuis de longues années.
Surtout qu’en matière d’équité, la réforme sur les régimes spéciaux laisse à désirer. En effet, quid du régime spécial des pêcheurs ? De celui des militaires ? La « grande muette » bénéficie aussi d’un régime spécial : Alors que 1100000 retraités de la fonction publique se partagent 5 milliards d’euros, ce sont 8,2 milliards qui sont budgétés pour 513000 pensionnés militaires. Un sous-off’ peut partir en retraite après quinze années de service, en cumulant avec un autre job (un certain nombre d’emplois civils leur sont réservés, sans concours ni examen)... Pour les officiers, vingt-cinq années de cotisations suffisent, avec possibilité de cumul. Un général part avec 4000 euros en moyenne, à 57 ans ou plus. (sources : http://www.rue89.com/2007/11/14/et-maintenant-parlons-un-peu-de-la-retraite-des-militaires?page=1)
Nous voyons donc bien que le problème des régimes spéciaux dépasse la caricature que l’on tente de nous mettre en tête de « privilégiés se battant pour un régime injuste ». Il s’agit d’un problème politique, social. Quel est le but du gouvernement ? Que cherche t il à faire avec cette réforme ? Pourquoi les médias se taisent sur les chiffres précédemment cités, sur les militaires ? Pourquoi chercher un rapport de force avec des gens qui se battent pour garder leurs acquis sociaux ?
Aujourd’hui et demain, des gens font grève, descendent dans la rue, et perdent des journées de salaires pour sauvegarder leurs droits. Si ces gens perdent cette bataille, la guerre sera peut être perdue : la route sera alors dégagée pour faire passer la retraite au bout de 42 ans de travail, voire plus : les syndicats seront morts au bord du pavé, avec eux l’espoir d’une meilleure répartition des richesses et la sauvegarde des derniers acquis sociaux. Ils se battent pour nous, pour le futur de nos enfants. Il faut donc abolir tous les régimes spéciaux, et aligner tout le monde sur 37,5 annuités.
Demandez aux victimes du thatchérisme ce qu’il est en aujourd'hui : il n’y a plus de gauche aujourd’hui en Angleterre. Est-ce modèle que nous voulons en France ?
Pour approfondir sur le sujet des retraites, lire l’interview d’un économiste sur ce lien : http://www.rue89.com/2007/11/14/les-mauvais-calculs-de-la-reforme-des-retraites
 
 
Par pinelli
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