Jeudi 15 novembre 2007
En ces temps bouillants de contestation sociale, un rapide rappel historique est nécessaire. D’abord, la grève est un droit, inscrite dans le
marbre de notre Constitution (celle de 1793 proclamait le droit et le devoir de s’insurger quand le gouvernement violait les droits du peuple !). Ensuite, tous les acquis sociaux,
toutes les libertés du peuple, ont été arrachées aux pouvoirs en place grâce aux luttes de la Rue. Citons quelques dates clés : 1848, 1871, 1936, 1968…
De fait, la Rue est l’entité fondamentale de tout mouvement social. C’est dans la Rue que se tissent les liens entre les insurgés, c’est dans
la Rue que les stratégies de lutte se décident, c’est toujours et encore dans la Rue que se construisent les barricades nécessaires à toute résistance !
Hommage à la Rue, donc, pour reprendre en partie le titre d’un livre célèbre d’un professionnel de la Rue, George Orwell. Hommage à la Rue car
c’est Elle qui reste le dernier rempart face à l’oppression des puissants, face au recul des droits du peuple. C'est parce que la rue est le lieu par essence de la sociabilité qu'elle ne
peut être que le lieu des luttes sociales.
La Rue est rouge, du rouge de la révolte, de la couleur du sang de ceux qui l’ont versé pour une Cause qui les dépassait. La Rue est noire,
noire de la colère de ceux qui luttent. Ces 2 couleurs sont indissociables car fortement encrées dans sa Mémoire.
La Rue c’est l’espoir, l’espoir de jours meilleurs. Elle est le lieu de l'appropriation populaire, elle n'appartient à personne, elle est
à chacun, elle vit d'animations et de sociabilité, elle est le lieu de tous les échanges, qu'ils soient marchands ou intellectuels, fraternels ou révolutionnaires. La Rue n'est ni de gauche ni de
droite, elle n'appartient qu'à un Peuple en Lutte !
Finissons en citant Victor Hugo, ami fidèle de Louise Michel : La rue est le cordonombilical qui relie l'individu à la société.

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